L’usine du futur : quel travail dans quel modèle économique ?

ATEMIS soutient, depuis quelque temps maintenant, que la stratégie de sortie de la crise des économies occidentales commande de mettre l’industrie au service des services. Il n’est évidemment pas question de projeter un avenir économique sans industrie, mais de repenser les systèmes productifs industriels dans une dynamique servicielle. Une conséquence importante alors concerne la place du travail dans le modèle de performance d’une usine organisée dans une telle perspective.

Nous pensons que l’usine du futur doit être projetée dans une trajectoire conceptuelle différente de l’usine inscrite dans le paradigme industrialiste, qui a jusqu’ici prévalu. Les sources de la prescription, les ressorts de l’innovation, la place des dimensions immatérielles dans le processus de création de la valeur, le mode de management de la performance…, déplacent le centre de gravité des compétences engagées. Cela débouche sur de nouvelles tensions économiques et sociales qui devraient solliciter plus directement les sciences du travail et, plus précisément dans le champ des sciences humaines et sociales, celles qui soulignent l’importance du mode d’engagement de la subjectivité et de l’intersubjectivité dans l’activité. Ce déplacement fait rupture avec les modes « classiques » de description et d’analyse du travail et de sa place dans le processus de production. Il questionne aussi l’innovation et la performance opérationnelle, deux notions encore principalement indexées aux sciences de l’ingénieur et de la gestion.

L’usine du futur est donc à penser à partir du modèle économique et du modèle de travail qu’elle sera en charge de rendre opératoires.

C’est en référence à ce cadre d’analyse que nous avons convié Tommaso Pardi (sociologue GERPISA, ENS-Cachan) et Sandro de Gasparo  (ergonome ATEMIS) à relancer un débat initié lors des journées organisées à l’ENS de Cachan*. La conférence ATEMIS du 2 avril vous invite à venir échanger avec eux sur ce thème dont la résonance politique et sociale est évidemment très sensible.

*Pour en savoir plus : Gerpisa le réseau international de l’automobile

La conférence dans son intégralité :