La centralité du travail et la scène politique ouverte par la campagne des présidentielles

Avec la primaire de la droite, la société française est entrée de plain-pied dans la campagne électorale des présidentielles de 2017. Une fois de plus les enjeux du travail, en tant qu’activité créatrice de valeur, ne sont pas mis en débat ; ou lorsqu’ils le sont, c’est au regard de principes datés, sans pendre en compte sa réalité contemporaine issue de trente ans de mutations. Une fois de plus, le travail est présenté principalement comme un coût, la droite envisageant, sans hésitation, de proposer d’allonger la durée du travail légal, tant dans la semaine, l’année que tout au long de la vie. A gauche, les débats associés à la mise en discussion de la loi El Khomry, ne présagent pas d’une capacité ni d’une volonté de se confronter à la nouvelle réalité du travail, la flexibilité recommandée détruisant les coopérations et les engagements.

Le travail contemporain est pourtant très différent de ce qu’il a été sous l’ère industrielle. La généralisation des activités de service, la diffusion des NTIC, l’importance stratégique prise par les ressources immatérielles (confiance, compétence, santé…), ont conduit à déplacer les enjeux concrets auxquels chacun est confronté. La mobilisation subjective est constante, pouvant donner le pire lorsque le travail n’est pas reconnu (les risques dits psycho-sociaux) ou le meilleur (la créativité lorsque la coopération est reconnue comme centrale) ; le temps de travail ne se limite plus au site, car la frontière entre temps de travail et temps hors travail est devenue poreuse en lien avec les outils nomades et l’engagement subjectif sollicité de manière intense par des activités confrontées à l’incertitude ; le sens du travail a souvent disparu, pris par une industrialisation sans limite aux conséquences délétères sur le devenir écologique de la planète, la proximité apparaissant alors comme une contre dote ; l’importance prise par les relation de service conduisent les salariés à coopérer avec des bénéficiaires dans un cadre qui échappe en partie aux règles de la subordination…

La société hérite de ces tensions irrésolues du travail qui la traversent toute entière ; et la scène politique l’ignore ou ne sait quoi en faire. La question se pose, alors, de savoir comment certaines composantes de notre société pourraient s’organiser afin d’être en capacité de porter des réflexions et des échanges concernant le devenir du travail. Il s’agit de trouver les ressorts pour faire force et s’immiscer dans le débat public et sur la scène politique.

ATEMIS vous convie (avec ses cofondateur Christian du Tertre économiste, Professeur à l’université Paris Diderot , directeur scientifique et François Hubault ergonome, Maître de Conférences à l’université Paris 1) pour discuter de cette perspective avec les personnes et les organisations préoccupées par ces enjeux et l’imminence d’une nouvelle campagne électorale obscurcissant la réalité du travail. Une série d’initiatives seront proposées en partenariat avec l’Association Travail et Politique


La conférence dans son intégralité :